
Danses interdites
Exposition collective
En écho à la trajectoire et aux engagements de Rossy de Palma, les œuvres rassemblées donnent à voir des travaux d’artistes témoignant de danses interdites ou de gestes d’émancipation, au travers des images mouvements, des corps ou des paroles. Installations et projections se complètent de performances à l’ouverture du festival.
Commissariat : Clément Postec.
Ce programme a vocation à trouver des échos au cours de l’année 2026, Barcelone (Loop). Le Nouveau Printemps est l’occasion d’un premier volet.
Rossy de Palma arrive à Madrid dans les années 1980. La ville se réveille d’une longue dictature et la jeune femme découvre la force libératrice de la musique et du cinéma.
Sous le régime de Franco, plusieurs danses sont dévalorisées, censurées ou interdites. Elles sont perçues comme immorales, étrangères ou subversives, associées à d’autres cultures - étrangères ou non catholiques, ou à des identités locales et régionales menaçant l’unité.
En France également les danses régionales sont écartées au profit d’une union nationale. Dès la Révolution, en 1793, la Farandole est interdite en Provence. Le clergé interdit la Bourré dans les régions du Massif central, en Auvergne, dans le Limousin, mais également en Bretagne où il s'inquiète des « fest noz » et va jusqu’à proscrire la Round sur la place publique dans le pays Pagan (Finistère nord). S’organisent alors des bals clandestins, autant de résistance par la culture aux oppressions étatiques ou religieuses.
Chaque époque, chaque région du monde semble rattrapée par cette logique : la danse est une expression culturelle. Elle constitue l’essence de l’individualité et de la puissance collective. À ce titre, elle incarne une menace ou la possibilité d’une résistance au pouvoir, national ou colonial. Ce faisant, la danse est aussi l’une des ressources du folklore: une culture massifiée au profit d’un récit unique, d’une idéologie ou d’une économie. Pure expression de liberté ou outil de domination, l’ambivalence est complexe.
Le corpus d’oeuvres ici rassemblées est traversé par une perspective féministe et queer. De Salomé à Shéhérazade aux tragiques actualités en Iran, les figures féminines qui dansent sous le regard masculin - et de ce qu’il représente de dominations, hantent la mythologie jusqu’aux œuvres contemporaines. Les gestes des artistes apparaissent comme autant de stratégies narratives au sein desquelles les personnes et les groupes reprennent la main sur leur propre récit. Ce sont ainsi des images ou des scènes qui tendent à rééquilibrer les écarts au sein des structures relationnelles entre l’être et la norme ou le sujet et l’histoire. Suivant le principe des « danses interdites » qui en se manifestant révèlent l’interdiction elle-même, apparaît le double motif du mouvement et de son empêchement, de la contrainte et de la liberté. En suspens, le corps oscille entre son incarnation et sa disparition. Apparaît la joie de se mouvoir et d’exister par soi-même.
Loin d’être exhaustif, ouvert à des contributions, le programme se veut transversal et transrégional. Hommage aux forces de la Movida espagnole des années 1980, les films et les performances célèbrent les danses et les gestes pour leur bouillonnement et leur expression libre, imaginant constituer une internationale de revendications des êtres et des identités multiples.
Avec :
Vir Andres Hera
Dalila Dalléas Bouzar
Paloma de la Cruz
Caroline Déodat
Darius Dolatyari-Dolatdoust
Gabriel Fontana
Juan Francisco González
Saodat Ismailova
Smail Kanoute
Paul Maheke
Caroline Monnet
Ben Russell
Grégoire Schaller
Rebecca Topakian
Ahmed Umar
Ana Vaz
Ulla Von Brandenburg
Nicolas Verschaeve Studio (scénographie)
L’exposition collective Danses interdites est à retrouver sur plusieurs sites : Médiathèque José Cabanis, Garage Bonnefoy, Centre Culturel Bonnefoy, Les Herbes Folles, Atelier d’artistes IPN.
EN LIEN
Des séances de projections complémentaires :
- Let’s Dance!, un programme proposé par Pascale Cassagnau, conservatrice et responsable de collection, avec le soutien du Centre national des arts plastiques.
Une exposition initiée et produite par Le Nouveau Printemps, en coproduction avec ¡Viva Villa!, réseau de résidences artistiques françaises à l’étranger, le Centre national des arts plastiques et La Place de la Danse – Centre de développement chorégraphique national Toulouse Occitanie, en complicité avec Loop Barcelona et Kadist.
L'invitation de Paloma de la Cruz est soutenue par une subvention d'Acción Cultural Española (AC/E), dans le cadre du Programme pour l'internationalisation de la culture espagnole (PICE).
L’invitation de Nicolas Verschaeve et de Darius Dolatyari-Dolatdoust a reçu le soutien du Pupitre France et du Service Culture de Wallonie-Bruxelles International (WBI) en synergie avec le Centre Wallonie-Bruxelles | Paris (CWB), dans le cadre de ses opérations Hors-Les-Murs Constellations.
L’invitation de Caroline Monnet, artiste québécoise d'origine française et anishinaabe, est soutenue par la Délégation générale du Québec à Paris.
Le festival remercie ppa • architectures et Poison pour l’accueil du festival dans leurs locaux.
Le festival remercie le Centre Culturel Bonnefoy et la médiathèque José Cabanis pour leur accueil.

Le Daftar, 2022. And the category is, face! ©Vir Andres Hera, Chinampa
Le Daftar, Vir Andres Hera, film (extrait), 2023
S’appuyant sur un projet de recherche entamé en 2019, Les langues de la Pythie est la première exposition individuelle de Vir Andres Hera en France. Au sein d’une installation immersive, le film Le Daftar met en scène le voyage atemporel et symbolique de quatre personnages interprétés par Ife Day, Daniel Galicia, Fabienne Guilbert Burgoa et Léonce Noah. Iels traversent des lieux symptomatiques du passé colonial de l’Europe. Leurs histoires personnelles y côtoient celles, collectives, des pays dont iels sont issu·e·s, interrogeant les trajectoires migratoires, les repères mémoriels, l’intraductibilité des peines et des communions. Les Langues de la Pythie présente 3 chapitres sur les 6 existants du projet Le Daftar.
À retrouver à la Médiathèque José Cabanis

L'arche, Dalila Dalléas Bouzar, 2023
Dalila Dalléas Bouzar, Burnous (sans titre), broderie, 2026 / Villa Swagatam
Prenant place au cœur de l’exposition Danses interdites, elle-même au cœur de la médiathèque Cabanis, ce burnous nous rappelle la puissance de la résistance, exil incarné ou moral à la recherche d’un abri, même de fortune, pour les idéaux. Pendant du corps, peau extérieure, la couverture est une figure centrale du travail de l’artiste. Elle incarne le déplacement, l'exil, le nomadisme, mouvements communs à toutes les civilisations humaines et le symbole de la dignité du corps.
À retrouver à la Médiathèque José Cabanis

Danza para el murciélago que quiso ser abanico, Paloma de la Cruz, 2025
Danza para el murciélago que quiso ser abanico (Danse pour la chauve souris qui voulait être un éventail), Paloma de la Cruz, 2025 (installation céramique et vidéo ) / Casa de Velázquez
Danza para el murciélago que quiso ser abanico est une performance qui naît de la rencontre entre le mythe, le corps et le son. Inspirée par la légende orientale qui attribue l'invention de l'éventail pliant aux ailes d'une chauve-souris, l'œuvre réinterprète ce geste ancestral à travers des « ailes » en céramique noire. Chaque fragment, aux formes florales, est cousu ensemble pour créer une architecture corporelle qui se déplie et se replie comme un éventail. Sur scène, le mouvement transforme l'objet en une extension du corps, et le son des céramiques qui s'entrechoquent devient un battement de cœur rythmique. La danse devient ainsi un rituel contemporain où la mémoire de l'éventail dialogue avec la force, la tension et le rythme du flamenco.
À retrouver à la Médiathèque José Cabanis
La Chambre du matador, Darius Dolatyari-Dolatdoust, 2023
La Chambre du matador, Darius Dolatyari-Dolatdoust (installation textile), 2023 / Villa Médicis
L’artiste déploie le vestiaire du matador et l'observe comme un entomologiste fixe sur sa planche les ailes chatoyantes du papillon. L’image virile et dominatrice de l’archétype apparaît comme une figure profondément ambiguë : la masculinité exacerbée défiant la mort se mêle à une silhouette flamboyante.
À retrouver à la Médiathèque José Cabanis

Multiform, Gabriel Fontana ©Iris Rijskamp, 2019
Multiform, Gabriel Fontana, 2019 (protocole) / Villa Albertine
Multiform est un sport d'équipe alternatif conçu par l'artiste Gabriel Fontana pour promouvoir l’empathie et l’inclusion. Utilisant le sport comme une métaphore, ce jeu offre un nouveau moyen d’appréhender les dynamiques sociétales. Dans ce jeu composé de trois équipes, les joueur·euses portent une tenue de sport transformable qui évolue au cours de la partie, les invitant ainsi à changer plusieurs fois d’équipe. En permettant ces déplacements constants, le jeu remet en question l’idée d’une appartenance fixe et binaire. L’identité d’équipe n’y est plus pensée comme une frontière fermée opposant deux camps, mais comme un écosystème fluide et relationnel, fondé sur l’interdépendance.
À retrouver à la Médiathèque José Cabanis

Antu Liwen, canto de resistencia, Juan Francisco González, 2020
Antu Liwen, canto de resistencia (Antu Liwen, chant de résistance), Juan Francisco González, 2020 (film) / Casa de Velázquez
Sur les sommets des montagnes chiliennes, le son des tambours résonne à travers la clairière. Antu Liwen, une chanteuse métisse, raconte son enfance et son rapport à l’identité mapuche. Son expérience personnelle témoigne des traumatismes historiques subis par cette communauté et de sa résistance. Après s'être vue refuser le droit d'apprendre et de parler la langue de sa communauté, par crainte que sa mère ne soit victime de discrimination plus tard dans sa vie, Antu Liwen embrasse son identité et renoue avec son héritage et sa terre.
Ce film est une collaboration entre Juan Francisco González, Diego Sarmiento Pagán et Paula Compagnucci, dans le cadre du Museo a Cielo Abierto Ercilla.
À retrouver à la Médiathèque José Cabanis

Never 21, Smail Kanoute, 2012
Never 21, Smail Kanouté, 2012 (film)
Never Twenty One rend hommage aux jeunes victimes aux Etats-Unis, qui n'atteindront jamais la majorité à cause des armes à feu. Cette expression provenant du mouvement Black Lives Matter dénonce ces décès précoces qui rongent notamment les quartiers de New York tel le Bronx. A travers des témoignages de victimes du système de vente des armes à feu, un jeune danseur crie sa rage, la perte de ses proches, son emprisonnement dans ce cercle vicieux qui le pousse à jouer avec sa vie. Il devient la cicatrice de ces vies sacrifiées, de leurs souvenirs, de leurs mots gravés à tout jamais dans cette malédiction du nombre 21.
À retrouver à la Médiathèque José Cabanis

River Rites, Ben Russell, 2011
River Rites, Ben Russell, 2011 (film) / Villa Médicis
Un étonnant petit essai documentaire, dont le mystère et la beauté reposent sur une simple astuce cinématographique. Une rivière, quelque part au Surinam, lieu de prédilection du réalisateur Ben Russell : des enfants et de jeunes adultes s’ébattent au bord de l’eau. De cette scène qui relève presque du mythe, le cinéaste fait une danse, où la délicatesse des gestes humains devient mouvement et rythme purs. Un jeu cinématographique au sens le plus fort du terme, qui n’est pas sans rappeler certains films de Maya Deren : ou comment le cinéma devient poésie, le corps humain un funambule infatigable, et un simple pas de danse une philosophie de la vie. Un court métrage entraînant et lumineux.
À retrouver à la Médiathèque José Cabanis

Rotten Sun, Grégoire Schaller, 2024
Rotten Sun, Grégoire Schaller, 2024 (film) / Villa Médicis
"Rotten sun est un hommage à mon frère jumeau, Dorian. Sous la forme d'un poème lyrique visuel, il articule les reflets du soleil sur la mer, une scène de corrida et un coucher de soleil avec un texte qui tente de reconstituer la mémoire lacunaire des événements qui ont suivi l'annonce de sa mort."
À retrouver à la Médiathèque José Cabanis

Concentric Circles, Rebecca Topakian, 2026
Concentric Circles (Cercles concentriques), Rebecca Topakian, 2026 (installation vidéo) / Villa Kujoyama
Concentric Circles est un premier extrait d’une installation vidéo mélangeant techniques analogiques et numériques. Pensé après avoir assisté au nettoyage ethnique des Arménien·nes du Haut-Karabakh, ce travail s’intéresse aux questions d’héritage et de transmission. Né de l’idée que l’on a “rien d’autre que nos corps”, Topakian se penche dans Concentric Circles aux micro-gestes d’un patrimoine vivant, celui de la danse folklorique constamment activée par les personnes qui la pratiquent au quotidien, ou encore le kokh, une forme de lutte ancestrale et considérée comme une danse rituelle. Ce qui fait patrimoine n’est pas la règle ou son écriture rigide, mais le geste qui unit les corps et se transmet de l’un à l’autre dans un faire-communauté, véritable résistance à l’effacement.
À retrouver à la Médiathèque José Cabanis

Amérika : Bahía de Las Flechas, Ana Vaz, 2016
Amérika : Bahía de Las Flechas, Ana Vaz, 2016 (film) / Villa Médicis
Il est dit qu'en l'an 1492, le premier bateau européen manœuvré par Christophe Colomb débarqua sur la côte de Samaná, aujourd'hui connue sous le nom de la République Dominicaine, et fut accueilli par une pluie de flèches envoyées par les Taïnos. Aujourd'hui, un lac salin qui porte le nom du chef Taïnos Enriquillo est le témoin de profonds changements écosystémiques qui ont conduit à d'importantes migrations d'espèces animales, une évacuation forcée et une extension brutale du désert corallien qui ont révélé le passé géologique du lac. En utilisant la caméra comme une flèche, un corps étranger, Amérika: Bahía de las Flechas cherche des manières d'animer, de faire vibrer de nouveau ce geste dans le présent - des flèches contre ce perpétuel « ciel plombant ».
À retrouver à la Médiathèque José Cabanis

Tanz makaber, Ulla Von Brandenburg, 2006
Tanz makaber (Danse macabre), Ulla Von Brandenburg, 2006 (installation vidéo) / Villa Kujoyama
Les premières inventions optiques ont commencé par montrer la mort ou des fantômes. Avec les inventions optiques on a essayé de rendre visible ce qui est invisible. Depuis le moyen âge la mort est représentée comme destin commun à pauvres et riches, à nobles et non nobles. Sous la perspective de la mort nous sommes tous égaux. Ainsi, finalement, la mort se moque d’elle-même et se permet une danse d’autodérision.
À retrouver à la Médiathèque José Cabanis

Her Right, Saodat Ismailova, 2020
Her Right, Saodat Ismailova, 2020 (film)
Her Right s’ouvre sur un texte écrit en vieil ouzbek (alphabet arabe), qui se traduit ainsi : « Le mouvement Hujum était une campagne politique soviétique lancée en 1924. Il visait à libérer les femmes locales. Cette campagne a eu des conséquences dramatiques pour les femmes ouzbèkes, prises entre les traditions de la société et les idéaux d'un État étranger. Ce film est dédié à la mémoire des femmes qui ont sacrifié leur vie pour la liberté des femmes ouzbèkes d'aujourd'hui. »
À retrouver à l’Atelier d’artistes IPN.

Talitin, Ahmed Umar ©Jakob H Svensen
Talitin تَـالِـتِن - (Le Troisième), Ahmed Umar (en collaboration avec Alsarah), 2023 (installation vidéo et performance)
Talitin تَـالِـتِن (Le Troisième) est une réappropriation de la danse nuptiale soudanaise. Ce rite de passage est exécuté lors de la cérémonie de mariage traditionnelle soudanaise, dans le nord du Soudan. Au cœur des traditions nuptiales de cette région, la mariée danse pour mettre en valeur sa beauté, sa richesse, sa fertilité et sa vitalité. Cette performance, minutieusement chorégraphiée et durant généralement plusieurs heures, a lieu le dernier jour des sept jours de festivités. À travers des mouvements complexes et de nombreux changements de costumes, la danse narre le parcours des fiançailles au mariage, au son de chants qui célèbrent la mariée, sa famille, le marié et sa famille.
À retrouver au Garage Bonnefoy.

When the bodies dissolved into the ether, the orbs sang notes of the heavens, 2021, Paul Maheke
When the bodies dissolved into the ether, the orbs sang notes of the heavens (Lorsque les corps se sont dissous dans l’éther, les orbes chantaient les notes des cieux), 2021, Paul Maheke (installation vidéo) / Villa Médicis
Chaque planète émet un son : une mélodie qui lui est propre. Utilisées par certains comme outil de guérison, les fréquences émises par les planètes, les étoiles et les pulsars ont joué un rôle déterminant dans la découverte de notre galaxie. Bien que l'œuvre prenne la radioastronomie comme point de départ pour réfléchir à notre expérience terrestre du cosmos, elle explore en grande partie la poétique d'un corps dansant au son de la Lune. Paul Maheke utilise des matériaux chorégraphiques de ses performances dans lesquelles il explore les principes de circularité et de renouvellement de la cosmologie ancienne kongo ou des écrits de Édouard Glissant.
À retrouver au Garage Bonnefoy

PIDIKWE (Rumble), Caroline Monnet, 2025
PIDIKWE (Rumble), Caroline Monnet, 2025 (film)
Pidikwe réunit des femmes anishinaabe (Nations autochtones d’Amérique du Nord) de différentes générations dans un tourbillon de danses traditionnelles et contemporaines. Détournant les représentations exaltées du cinéma des débuts et l’exploitation coloniale du corps féminin, l’artiste ouvre un espace de réappropriation et d’autodétermination.
À retrouver au Centre culturel Bonnefoy

Sous le ciel des fétiches, Caroline Déodat, 2023 ©ADAGP Paris
Sous le ciel des fétiches, Caroline Déodat, 2023 (installation vidéo) / Villa Médicis
L’artiste réinvestit les spectres d’un regard qui hante pour raconter l’histoire du séga mauricien – une pratique de danse et de musique née pendant la période de l’esclavage au sein de communautés de fugitifs. Comment projeter – littéralement faire sortir de soi – le récit de l’agresseur ?
À retrouver à Herbes Folles.
Dates
-
29 Mai au 28 Juin
Médiathèque José Cabanis -
29 Mai au 28 Juin
Garage Bonnefoy / PPA -
29 Mai au 20 Septembre
Centre Culturel Bonnefoy & Jardin Michelet -
29 Mai au 28 Juin
Les Herbes Folles -
29 Mai au 28 Juin
Atelier d’artistes IPN