Let's Dance ! Station expérimentale
Évenement
Projection
Programme de films de la collection du Centre national des arts plastiques (CNAP)
Dès la fin des années 50 déjà, des artistes tels que John Cage, Allan Kaprow, David Tudor, Merce Cunningham, Robert Rauschenberg, Charles Olson, inventaient à l’Ecole du Black Mountain une véritable perspective transdisciplinaire, en faisant éclater les frontières entre les champs artistiques, en tentant de dépasser les conceptions traditionnelles de l’art. En outre, toutes leurs recherches et expérimentations esthétiques visaient à mettre entre parenthèses le sujet et le moi, en produisant des œuvres ne se référant pas directement à une biographie singulière et se libérant des limites de l’imaginaire personnel. La performance n’est pas un genre artistique mais un catalyseur qui traverse tous les domaines de la création contemporaine conçue dans son contexte élargi. Performer, c’est construire des déplacements, des hypothèses, des situations: telle est la condition transdisciplinaire de la création contemporaine.
C’est ainsi que dès l’invention des arts de l’enregistrement du cinéma puis de la vidéo, artistes, danseurs, chorégraphes se sont emparé des territoires des images en mouvement pour mettre en perspective des performances, pour tracer des hypothèses de recherche, pour ouvrir de nouveaux champs d’expérimentation visuelle et sonore. A l’inverse, ils ont contribué à enrichir ces domaines en plaçant les images dans leur contexte élargi, et en inventant un art du regard.
Tel est le cinéma performatif que sont en train d’inventer véritablement aujourd’hui un certain nombre d’artistes : un cinéma qui « performe » littéralement à la fois son contenu et sa forme, dessinant des boucles temporelles inédites. En outre, ces constructions temporelles s’élaborent à partir de partitions, de sons au sens musical du terme, mais aussi bien partitions de gestes, d’attitudes, pour modéliser des expériences, des formes à interpréter, portant ainsi les œuvres aux confins entre la musique, le cinéma, la danse. Les films ici, choisis dans la collection des œuvres du Centre national des arts plastiques, s'inscrivent dans cette perspective. Les films présentés constituent autant de portraits de l'artiste en acteur de lui -même, dessinant des boucles temporelles inédites, investissant bien souvent les territoires de la danse comme scènes expérimentales.
Héritière de la collection nationale créée par la Révolution française, la collection du CNAP comprend plus de 100.000 œuvres, pour une part déposées dans les musées français ou prêtées pour des expositions. Elle a su s’élargir aux nouvelles tendances de l’art contemporain. La proposition Let’s Dance ! conçue par Pascale Cassagnau, à partir des œuvres vidéo de la collection du Centre national des arts plastiques à la croisée de la danse, de la performance et de la musique, témoigne de la capacité des œuvres de modéliser un art du spectateur.
Le programme de films sera à retrouver pendant le week-end d’ouverture dans l’Auditorium de la Médiathèque José Cabanis, et pendant la durée du festival dans l’Auditorium des Abattoirs.
Découvrez ci-dessous les films programmés à la Médiathèque José Cabanis et leurs dates de projection.
Une séance présentée par Pascale Cassagnau, responsable des fonds audiovisuels et nouveaux médias au Centre national des arts plastiques.
- Eszter Salamon, Sommerspiele (Jeux d’été), 2023 (25’41’’)
- Boris Charmatz, César Vayssié, Les Disparates, 1999 (22’)
→ ven. 29/05 à 14h30
→ sam. 30/05 à 15h30
→ dim. 31/05 à 16h30
Découvrez ci-dessous les films programmés aux Abattoirs qui seront diffusés en continu, aux horaires d’ouverture du musée.
- Dennis Adams, Make Down, (Démaquillage), 2005 (34’)
- Marcos Avila Forero, Atrato, 2014 (13’52 ‘’)
- Eleanor Antin, The King, 1972 (51’18’)
- Cécilia Bengolea, Dancehall Weather, 2014-2019 (20’)
- Charley Case, Man Walking, 1999 (2’43’’)
- Boris Charmatz, César Vayssié, Les Disparates, 1999 (22’)
- Brice Dellsperger, Body Double 17, 2001 (16’27’’); Body Double 23, 2007-2010 (7’29’’)
- Jerome Kevin Everson, Round Seven, 2018 (19’)
- Marine Faust, 95969798, 1995-1998 (26’)
- Sylvie Fleury, Twinkle, 1992 (29’35’’)
- Lothar Hempel, Me, Myself and I, 1993 (8'); A Very Sad Story, 1993 (7’51’’); Superstar, 1993 (8')
- Teun Hocks, Lamp, 2002 (1’12’’)
- Joachim Koester, Tarantism, 2007 (6’30’’)
- Kelly Lamb, Jump Rope, 19989-2000 (2’); Caught Inside/ Kiss, 1999-2000 (3’)
- La Ribot, Another pa amb tomaquet, 2002 (12’)
- Joao Onofre, Untitled Version (I See a Darkness), 2007 (4’18’)
- Chloé Piene, YGBMY (You're Gonna be my Woman), 1997-2000 (4’26’’)
- Eszter Salamon, Sommerspiele (Jeux d’été), 2023 (25’41’’)
- Albert Serra, Roi Soleil, 2018 (61’)
- Lorna Simpson, Cloudscape, 2004 (3’30’’)
- Manfred Sternjakob, Vidéo n°2, 1990
- Claudia Triozzi, Five Years, 2000 (6’)
Dates
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29 au 31 Mai 0h00
Médiathèque José Cabanis -
29 au 28 Mai 0h00
Les Abattoirs, Musée - Frac Occitanie Toulouse