
Dalila Dalléas Bouzar
Exposition
Guidée par l’histoire des exilé·es espagnol·es, Dalila Dalléas Bouzar imagine pour Le Nouveau Printemps un ensemble d'œuvres : broderies, peintures et performances.
Lorsque Dalila Dalléas Bouzar visite les Abattoirs, Musée - FRAC Occitanie Toulouse, ou rencontre les bénévoles du Centre Toulousain de Documentation sur l'Exil Espagnol, l'œuvre du grand maître lui revient. Guernica, Picasso, 1937. Alors que des massacres de populations dans plusieurs régions du monde ont cours, le souvenir de la peinture s’impose. Inspirée, l’artiste se rend avec Rossy de Palma au Musée Reina Sofia à Madrid pour voir l'œuvre de ses propres yeux.
Broderies
Le Massacre des innocents, 2026
Dalila Dalléas Bouzar imagine une couverture brodée qu'elle réalise en Inde avec le soutien de la Villa Swagatam et la coopération des artisans de l’Institut Kalhath. Elle y réalise également plusieurs burnous (manteau d'origine berbère).
L’artiste croise les références et mêle les techniques et les savoir-faire. Elle les explore autant qu’elle les actualise. Et peut-être, face à la catastrophe humaine, Dalila Dalléas Bouzar nous rappelle la force et la beauté des gestes de l’artisanat ?
À retrouver au Centre Culturel Bonnefoy.
L’Arche, 2023 (Velours, broderies, perles)
Cette oeuvre est un burnous brodé, monumental, conçu et réalisé durant une résidence de Dalila Dalléas Bouzar en Algérie et suite à sa visite du site rupestre du Tassili, dans le Sahara.
À retrouver au Centre Culturel Bonnefoy.
Burnous (sans titre), 2026 (Laine, broderies)
Prenant place au cœur de l’exposition Danses interdites, elle-même au cœur de la médiathèque Cabanis, ce burnous nous rappelle la puissance de la résistance, exil incarné ou moral à la recherche d’un abri, même de fortune, pour les idéaux. Pendant du corps, peau extérieure, la couverture est une figure centrale du travail de l’artiste. Elle incarne le déplacement, l'exil, le nomadisme, mouvements communs à toutes les civilisations humaines et le symbole de la dignité du corps.
À retrouver à la Médiathèque Cabanis.
Peintures
Le Sang des innocents, 2024
Le samedi 16 mars 2024, reprenant une performance réalisée par Regina José Galindo pour dénoncer les féminicides au Guatemala, Dalila Dalléas Bouzar a traversé Paris les pieds nus et ensanglantés. L’artiste a marché une heure et demie, silencieusement, entre Bastille et République, cette fois « pour dénoncer le massacre d’innocents, ces dizaines de milliers de femmes, d’enfants, d’hommes palestiniens assassinés par l’armée israélienne ».
Pour cette peinture, l'artiste pare les corps de couvertures, premier refuge et seule protection de celles et ceux qui se déplacent, sont déplacés. Objet de dignité et d’accompagnement. Fétiche aussi de l'œuvre de l’artiste, qu’elle ne cesse de déplier.
Pour le Nouveau Printemps, l’artiste produit deux séries, dont un dytique exposé à IPN et deux petits formats au Centre culturel Bonnefoy qui évoquent, en dialogue avec les autres œuvres, des figures de résistance.
À retrouver à l'Atelier IPN et au Centre Culturel Bonnefoy.
Citoyens du monde, 2026, Dyptique (peintures, grands formats)
Ces 2 peintures sont inspirées par The Citizen (Le Citoyen), 1982-83, œuvre de Richard Hamilton. Richard Hamilton a réalisé trois diptyques relatifs aux « troubles » en Irlande du Nord. The Citizen représente un détenu républicain à la prison de Maze vêtu d'une couverture. Dalila Dalléas Bouzar a découvert cette peinture très tôt dans son apprentissage ; elle l'a marquée jusqu’à la hanter. L’artiste témoigne : « la force de l'art est de nous éveiller à nos propres fantômes, à nous mettre sur le chemin de la connaissance et de la libération ». Le diptyque de Dalila Dalléas Bouzar propose une nouvelle approche de cette figure du citoyen-ne, « celle qu'on voit aujourd'hui sur nos écrans. Des personnes sur les routes, dans les montagnes, sur les barques, ensemble ou seul, s'accrochant à la vie ».
À retrouver à l'Atelier IPN.
Performances
Rituel de non-retour, 2026
Une petite géante déambule dans le quartier de la gare. Reprenant la tradition du masque et du costume, s’inspirant de la figure de l’errant, Dalila Dalléas Bouzar, vêtue d’un burnous apparaît au coin d’une rue.
La déambulation se poursuit dans les anciennes écuries du Centre culturel Bonnefoy : une maison imaginaire en terre rouge rappelle le besoin fondamental d’un foyer. L’exil, c’est aussi le retour impossible à la maison.
Les éléments de la performance trouvent ensuite leur place dans l’exposition sur la mezzanine du Centre culturel Bonnefoy.
EN LIEN
Dates
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29 Mai au 28 Juin
Atelier d’artistes IPN -
29 Mai au 28 Juin
Médiathèque José CabanisAtrium - Rez de jardin
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29 Mai au 20 Septembre
Centre Culturel Bonnefoy & Jardin Michelet