Lieux

Garage Bonnefoy / PPA

Vir Andres Hera / Paloma de la Cruz / Caroline Déodat / Saodat Ismailova / Smail Kanouté / Paul Maheke / Caroline Monnet / Ben Russell / Rebecca Topakian / Ahmed Umar / Ana Vaz

Danses interdites

du 29 mai au 28 juin 2026

En écho à la trajectoire et aux engagements de Rossy de Palma, les œuvres rassemblées donnent à voir des travaux d’artistes témoignant de danses interdites ou de gestes d’émancipation, au travers des images mouvements, des corps ou des paroles. Installations et projections se complètent de performances à l’ouverture du festival. 

Ce programme a vocation à trouver des échos au cours de l’année 2026, à Paris (MansA) et Barcelone (Loop). Le Nouveau Printemps est l’occasion d’un premier volet. 

Rossy de Palma arrive à Madrid dans les années 1980. La ville se réveille d’une longue dictature et la jeune femme découvre la force libératrice de la musique et du cinéma. 

Sous le régime de Franco, plusieurs danses sont dévalorisées, censurées ou interdites. Elles sont perçues comme immorales, étrangères ou subversives, associées à d’autres cultures - étrangères ou non catholiques, ou à des identités locales et régionales menaçant l’unité. 

En France également les danses régionales sont écartées au profit d’une union nationale. Dès la Révolution, en 1793, la Farandole est interdite en Provence. Le clergé interdit la Bourré dans les régions du Massif central, en Auvergne, dans le Limousin, mais également en Bretagne où il s'inquiète des « fest noz » et va jusqu’à proscrire la Round sur la place publique dans le pays Pagan (Finistère nord). S’organisent alors des bals clandestins, autant de résistance par la culture aux oppressions étatiques ou religieuses. 

Chaque époque, chaque région du monde semble rattrapée par cette logique : la danse est une expression culturelle. Elle constitue l’essence de l’individualité et de la puissance collective. À ce titre, elle incarne une menace ou la possibilité d’une résistance au pouvoir, national ou colonial. Ce faisant, la danse est aussi l’une des ressources du folklore: une culture massifiée au profit d’un récit unique, d’une idéologie ou d’une économie. Pure expression de liberté ou outil de domination, l’ambivalence est complexe.

Le corpus d’oeuvres ici rassemblées est traversé par une perspective féministe et queer. De Salomé à Shéhérazade aux tragiques actualités en Iran, les figures féminines qui dansent sous le regard masculin - et de ce qu’il représente de dominations, hantent la mythologie jusqu’aux œuvres contemporaines. Les gestes des artistes apparaissent comme autant de stratégies narratives au sein desquelles les personnes et les groupes reprennent la main sur leur propre récit. Ce sont ainsi des images ou des scènes qui tendent à rééquilibrer les écarts au sein des structures relationnelles entre l’être et la norme ou le sujet et l’histoire. Suivant le principe des « danses interdites » qui en se manifestant révèlent l’interdiction elle-même, apparaît le double motif du mouvement et de son empêchement, de la contrainte et de la liberté. En suspens, le corps oscille entre son incarnation et sa disparition. Apparaît la joie de se mouvoir et d’exister par soi-même. 

Loin d’être exhaustif, ouvert à des contributions, le programme se veut transversal et transrégional. Hommage aux forces de la Movida espagnole des années 1980, les films et les performances célèbrent les danses et les gestes pour leur bouillonnement et leur expression libre, imaginant constituer une internationale de revendications des êtres et des identités multiples. 

L’exposition collective Danses interdites est à retrouver sur plusieurs sites : Médiathèque José Cabanis, Garage Bonnefoy, Centre Culturel Bonnefoy, Les Herbes Folles, Atelier d’artistes IPN.

EN LIEN

Des séances de projections complémentaires :
Danses interdites, un programme conçu par Filipa Ramos, écrivaine et curatrice, directrice artistique de Loop Barcelona, en partenariat avec Loop Barcelona et avec le soutien de KADIST.
Let’s Dance!, un programme proposé par Pascale Cassagnau,
conservatrice et responsable de collection, avec le soutien du Centre national des arts plastiques.

Une exposition initiée et produite par Le Nouveau Printemps, en
coproduction avec le Centre national des arts plastiques et La Place
de la Danse – Centre de développement chorégraphique national
Toulouse Occitanie et en complicité avec MansA – Maison des
Mondes Africains, Loop Barcelona et Kadist.