
Talitin - The third (le troisième)
« Talitin تَـالِـتِن - (La Troisième) » est une réappropriation de la danse nuptiale soudanaise. Un rite de passage exécuté lors de la cérémonie traditionnelle de mariage soudanaise dans les régions nord du Soudan. Une partie centrale des traditions de mariage de la région est le moment où la mariée danse pour montrer sa beauté, sa richesse, sa fertilité et sa vitalité. Cette performance hautement chorégraphiée, qui dure généralement plusieurs heures, est exécutée le dernier jour d’une célébration de mariage de sept jours. À travers des mouvements complexes et de multiples changements de costumes, la danse raconte le parcours de la cour au mariage, avec des chants qui louent la mariée, sa famille, le marié et sa famille.
La danse est, traditionnellement, personnalisée pour chaque mariée, avec un ensemble unique de chants et de chorégraphie. En revendiquant sa place dans cette tradition, la performance d’Umar est la première de ce type à présenter cette danse sur un corps masculin queer tout en préservant ses éléments traditionnels. Formé par les chanteuses soudanaises Asia Madani et Alsarah, qui ont été formées par une lignée de femmes avant elles, et où Alsarah assume le rôle de « alwazira » — la guide qui présente la mariée au public.
En grandissant, Umar assistait à ces cérémonies jusqu’à la puberté, lorsqu’il a été considéré socialement inapproprié pour les garçons d’assister à la cérémonie.
Malgré cette exclusion, il a continué à aimer la danse et sa symbolique, la voyant comme une partie essentielle de son lien avec son pays et son héritage.
Talitin (تَـالِـتِن), signifiant « la troisième » en arabe, porte une signification personnelle et culturelle profonde pour Ahmed Umar. Localement au Soudan, le terme est utilisé comme une insulte adressée aux garçons qui montrent de l’intérêt pour des activités « féminines ». Au-delà de son usage péjoratif, la troisième renvoie aussi historiquement à un « troisième genre », un concept dans la jurisprudence islamique qui reconnaît les individus qui ne se conforment pas strictement aux identités masculines ou féminines. À travers cette performance, Umar cherche à transformer un terme d’exclusion en symbole d’identité et de fierté, tout en comblant l’écart entre tradition et identités queer contemporaines, assurant la survie de cette pratique culturelle importante.
La performance d’Umar marque une réappropriation radicale de cette tradition, la présentant sur un corps masculin queer pour la première fois tout en restant fidèle à ses éléments traditionnels. Son costume est inspiré par la Jalda nuptiale de sa grand-mère, qu’elle a réalisée pour les mariages de ses tantes. Les éléments des bijoux ont été sourcés au marché aux antiquités d’Omdurman au Soudan, à New York et au Caire.
EN LIEN
Ahmed Umar réalisera une performance au Centre Culturel Bonnefoy lors du week-end d’ouverture.
L’invitation d’Ahmed Umar est réalisée en collaboration avec MansA - Maison des Mondes Africains.
Une exposition initiée et produite par Le Nouveau Printemps, en coproduction avec le Centre national des arts plastiques et La Place de la Danse – Centre de développement chorégraphique national Toulouse Occitanie.
Dates
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29 Mai au 28 Juin
Garage Bonnefoy / PPA -
29 au 30 Mai 0h00
Centre Culturel Bonnefoy