Ernesto Artillo
Tinglao — Architecture de l'attente
29 Mai au 28 Juin
Au coeur des travaux qui traversent le quartier, Ernesto Artillo imagine une sculpture qui donne une autre forme aux matériaux : vestiges des mémoires et monument sacré. L'oeuvre est révélée lors d’un rituel inspiré de la Semaine sainte à Malaga, à l’ouverture du Nouveau Printemps.
Le quartier de la gare est en pleine transformation. Ernesto Artillo imagine une oeuvre à partir d’une question récurrente dans son travail : qu'est-ce qui pourrait être sacré dans un endroit comme celui-ci ? Ici, au milieu des démolitions, des bâtiments scellés et des annonces de futurs aménagements, ce qui persiste semble se trouver sur le sol : des vestiges matériels qui renferment une mémoire collective invisible ou exclue des récits de renouveau.
L'oeuvre se déroule en deux phases. Tout d'abord, un tinglao est construit : une structure temporaire composée d'échafaudages et de bâches, inspirée des solutions provisoires utilisées historiquement à Malaga pour abriter les grandes structures processionnelles de la Semaine sainte lorsque les bâtiments permanents n'étaient pas disponibles. À l’intérieur de ce volume fermé, une sculpture, d'abord cachée. À ce stade, le tinglao est un corps opaque où le sens est concentré sans offrir d'image directe, articulé à travers l'attente et le mystère. Sa forme rappelle également les échafaudages et les bâches couramment utilisés autour des bâtiments en construction. Dans un second temps, le tinglao s'ouvre au public, et ce qui avait été protégé et tenu caché, se révèle. La structure et ce qu'elle contient fonctionnent alors comme une seule et même oeuvre.
Dans un contexte où les bâtiments disparaissent pour laisser place à de nouveaux, ces échafaudages n'annoncent pas ce qui va venir, mais indiquent ce qui était là. L'oeuvre ne propose pas de reconstruction ou de promesse d'avenir, mais une façon de regarder le présent à travers ses vestiges, intégrant la transformation urbaine comme un espace de sens plutôt que comme un simple remplacement.
EN LIEN
Une édition documentant le processus de réalisation de l'oeuvre sera réalisée avec MACLE, un studio de recherche et création pluridisciplinaire engagé dans les domaines de l'architecture, du patrimoine, du paysage et de l'artisanat.
L’exposition de Ernesto Artillo trouvera un écho lors d’une performance réalisée avec une chorale du quartier durant le week-end d’ouverture du festival pour le dévoilement de l’installation.
Avec le soutien d’Europolia – Grand Matabiau quais d’Oc, de FP01 Architectes, et la collaboration de Premys, TESS (Tom Gray et Simon Aubry) et Maxence Grangeot.
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