Pilar Albarracín
En la piel del otro
À la Gare Matabiau, sur la façade principale, Pilar Albarracín présente deux grandes photographies en couleur.
Le bâtiment, lieu de transit permanent et de croisement entre l’intime et le collectif, devient ainsi le lieu d’une intervention qui s’impose dans l’espace public et dialogue avec l’architecture ainsi qu’avec le flux quotidien de celles et ceux qui arrivent et repartent. Un tapis de couleurs composé de corps enlacés, immobiles, vêtus de robes de flamenco, semble s’élever en deux colonnes vers le ciel. La composition, frontale et dense, renvoie à une iconographie chorale où aucune hiérarchie n’est visible : l’individuel se dissout dans une masse compacte qui conserve pourtant la singularité de chaque geste et de chaque regard. Ici, le flamenco, tradition chargée d’histoire et de résistances, se détache de sa dimension festive pour devenir un langage politique et corporel. Les images de Pilar Albarracín nous invitent à nous arrêter après la célébration de la fête. Cet « après » est essentiel : un temps suspendu tel un rituelpour que la vulnérabilité de chacun·e s’équilibre avec la force du groupe. Les corps se soutiennent les uns les autres, comme si la possibilité de rester debout dépendait de la collectivité. La verticalité des colonnes introduit une dimension monumentale, sacrificielle. À travers une imagerie puissante et contenue, Pilar Albarracín articule ainsi un discours sur le corps, la communauté, la tradition et la résistance, interpellant directement le les spectateur·rices dans l’espace urbain.
EN LIEN
L’exposition de Pilar Albarracín trouvera un écho lors d’uneperformance réalisée avec les Toulousain·es durant le week-end d’ouverture du festival.
Avec le soutien de SNCF Retail & Connexions et SNCF Gares & Connexions.
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